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Arrivée sur La Paz, et point sur la situation politique d ela Bolivie

mercredi 9 décembre 2009 : Traversée de l’Altiplano jusqu’à La Paz et résumé de la situation politique de la Bolivie.

Levés à 5 h30, on doit prendre un mini bus pour La Paz à 7h. Comme on n’a pas acheté nos billets la veille, on se présente à 6H30 pour être surs d’avoir une place. Nous sommes les premiers et nous achèterons ainsi nos places sans difficulté à 15 bolivianos chacun. Le bus est plein, seulement 3 autres touristes et tous les autres sont des locaux. La plupart transportent une quantité de sacs incroyable. On ne sait pas trop ce qu’ils contiennent mais une forte odeur s’en dégage, sans doute du fromage ou alors ils ont empaqueté toutes leurs vieilles chaussettes sales... Pendant le trajet, qui longe le lac Titicaca et nous offre ainsi un spectacle merveilleux, on s’arrêtera pas mal de fois au milieu de nulle part pour embarquer des passagers qui ont du marché pendant des heures depuis leurs maisons au milieu des montagnes pour attraper le bus. Et dire qu’à marolles on se plaint du 40-12 !

Au bout d’une heure trente, on arrive à un point où il nous faut embarquer avec le minibus sur une sorte de ferry en bois pour traverser le lac Titicaca jusqu’à l’autre rive. La plupart des gens descendent car les passagers sont censés sortir du bus puis traverser à bateau pour reprendre le bus de l’autre côté du lac. Sympathique, le chauffeur  nous laissera rester à bord du bus pour traverser. Avec 3 femmes locales nous resterons donc cachés à l’intérieur du bus. Il faudra se baisser pour que les policiers à l’embarcadère du ferry ne nous voient pas. C’est la partie de cache-cache la plus originale qu’on ai fait.

Une fois le lac traversé, on récupère les autres passagers puis on continue le chemin en direction de La Paz. Finalement, nous n’allons pas jusqu’au terminus du bus de La Paz car il se situe près du cimetière, une zone assez chaude de La Paz, et un local nous dit où descendre pour prendre un « colectivo » économique en direction du terminal de bus pour Cochabamba.

 

Arrivés au terminal, qui n’en est pas un, on cherche le bus allant à Cochabamba. Plusieurs compagnies proposent ce trajet. Le prochain bus est complet  et le suivant part dans plus d’une heure pour 40 soles chacun. Par chance, on en trouve un autre qui arrive dans 20 mn pour 20 soles chacun. Entre temps, on achète du pain ressemblant à nos « papos secos » portugais et un/quart de poulet- frites

Une fois  dans le bus, on se rend compte que nous sommes les seuls étrangers. Le bus est plein de locaux. Le trajet nous semble bien long car le bus est inconfortable. On s’arrête dix minutes pour déjeuner : lama, patates noires, pommes de terre et un œuf dur  sont notre plat du jour. Les patates noires ont plutôt mauvais goût. On pense d’abord qu’elles ont tourné, mais non, à chaque fois qu’on en goûtera elles auront toujours ce goût assez étrange qui vous donne l’impression de manger de la terre.

 

On passe par des paysages magnifiques appelés « l’altiplano », un énorme plateau à plus de 3000 voire 4000 mètres d’altitude. Les seuls animaux qui résistent par ici sont les rapaces et les lamas. Nous sommes presque arrivés à destination : on passe devant une ville dénommée Quillacollo, qui nous paraît être une ville riche avec de grandes maisons. On est assez étonné, on ne s’attendait pas à voir ce type de ville en Bolivie, vu que tout le monde en parle comme un pays très très pauvre et moins développé que le Pérou.

 

 

On se rendra vite compte que la Bolivie ne ressemble plus à la description qu’on peut lire dans certains guides, ou à ce que certains qui l’ont visité il y a quelques années ont pu nous conté. Ce pays a fait un bond énorme ces dernières années avec l’arrivée au pouvoir du Président Evo MORALES, qui vient d’ailleurs d’être réélu le dimanche 6 décembre 2009 avec près de 65% des voix dès le premier tour. Un vrai plébiscite qui rappelle presque le score des élections présidentielles françaises de 2002, mais dans un contexte différent…Evo MORALES et son parti socialiste « el MAS » prônent un état multinational où chaque minorité ethnique et chaque catégorie sociale a les même droits et son rôle à jouer. Ainsi quelques jours après la réélection Evo MORALES, il a été décidé que pour la première fois dans l’histoire de la Bolivie il y aurait au parlement des représentants des populations noires de la région des Yungas.

 En outre, le MAS reconnaît les particularités, cultures et coutumes de chacune des minorités ethniques. La constitution bolivienne reconnaît par exemple la justice communautaire, ainsi certaines communautés ont leur propre système de justice qui n’applique pas forcément les lois nationales comme nous le verrons plus tard. Ce discours plaît donc à la majorité de la population qui se compose essentiellement de descendants de tribus indiennes. C’est impressionnant pendant notre séjour en Bolivie nous avons vu plus de drapeaux du MAS ( bleu blanc et noir) que de la Bolivie ! Et dans tous les villages, même les plus reculés, il y avait sur les murs des tags de soutien à Morales et au MAS, sauf dans les villes riches comme Sucre ou Santacruz. En même temps, il faut avouer que le MAS a bénéficié d’une propagande massive pour ces élections ; et que ce soit dans les journaux, à la télé ou sur les panneaux on a vu vraiment très peu de publicité en faveur des autres partis et candidats. Des fois on se demandait même s’il y avait réellement eu une opposition…

Quoiqu’il en soit, la politique de Morales rompt avec le passé de la Bolivie où la population descendante des Incas était traitée par les riches blancs comme une race inférieure péjorativement appelée « indios » et souvent relégués au statut d’esclaves !

Le gouvernement d’Evo MORALES a permis à la Bolivie de se développer sur tous les niveaux à une vitesse incroyable durant ces dernières années. A tel point que ce pays n’a désormais plus rien à envier à son voisin péruvien. Conséquence directe de cette évolution : la Bolivie, qui était le pays le moins cher d’Amérique Latine, a connu une grosse inflation et le coût de la vie y est désormais plus cher qu’au Pérou. Ceci étant dit, ce pays reste toujours très très bon marché, surtout pour des touristes européens !

Par contre, le côté un peu moins attachant du personnage est peut-être son arrogance. A chaque action du gouvernement, à chaque promesse électorale tenue (comme des travaux publics par exemple…) il y a une énorme propagande avec des spots ou des panneaux publicitaires affichant en grand le message « Evo cumple », comme s’il était le seul à tout faire dans le pays…

 

Sur le plan international, le président Evo MORALES  est décidé à faire parler de lui et de la puissance émergente de son pays :

- Au dernier sommet international environnemental de Copenhague, il s’est ainsi permis de donner une leçon aux pays développés tels que les Etats-Unis et les riches pays européens comme la France, en les accusant publiquement d’être à l’origine de la « mauvaise santé » actuelle de notre planète, notre bonne vieille Terre divinisée par les Incas et toujours adorée par les Boliviens à travers la figure de la « Pachamama » : la Terre Mère. C’est donc aux pays riches de payer les pots cassés pour rembourser leur « dette écologique » et essayer de limiter les dégâts pour les générations futures. MORALES  a ainsi conclu: «  la Terre peut vivre sans l’homme, mais l’homme ne peut pas vivre sans la Terre. Il faut donc en prendre le plus grand soin ! »

- la Bolivie possède une des plus grandes réserves d’Uranium au monde, ce qui lui donne une force considérable sur le plan international. L’Iran est donc très intéressé à passer contrat avec la Bolivie, afin de pouvoir développer son programme nucléaire. Les Etats-Unis voient forcément cela d’un mauvais oeuil et Hilary Clinton a menacé Morales en lui faisant savoir que s’il osait faire marché avec l’Iran, les conséquences seraient dangereuses pour la Bolivie. Le président Morales ayant trouvé cette menace injurieuse, a gentiment rappelé que la Bolivie était un pays souverain, qu’il n’a d’ordre à recevoir de personne quant à la gestion de son pays, et qu’il était prêt à riposter à quelconque menace américaine! Pour Morales, le temps de l’hégémonie et de l’impérialisme américains est révolu, les Etats-unis doivent cesser de vouloir tout contrôler et de chapoter notamment la politique des pays d’Amérique Latine en voie de développement en prétextant œuvrer dans l’intérêt international…

 

On arrive finalement à Cochabamba à 18 h 30. On prend le plan de la ville à l’office de tourisme de la gare et l’agent nous dit qu’il y a des endroits dangereux à éviter. Ca nous met au parfum : il faudra redoubler de vigilance dans cette ville ! On fait le tour des hôtels pour avoir un toit pour la nuit mais la ville ne nous inspire guère confiance.  On décide alors de rester finalement une seule nuit dans cette ville. Par conséquent, on se dirige vers un hôtel  qui nous proposent une chambre double à 40 boliviens mais  sans eau chaude. Mais il y a du monde devant la réception. Nuno a l’impression que les nanas sont des prostituées et que cet hôtel est plutôt craignos. Cette impression sera confortée par une des femmes assise sur un canapé qui nous conseille de ne pas rester et de chercher un hôtel ailleurs. Elle nous en conseille un à 70 boliviens, plus loin. Carole lui demande la raison pour laquelle il ne faut pas rester ici, et celle-ci finit par nous avouer que c’est un hôtel de passe assez insalubre et donc à éviter pour des touristes.

On quitte donc cet endroit cracra et on trouve finalement un hostal à 70 boliviens la chambre à lits jumeaux avec salle de bains commune. Le prix est assez cher pour ici mais ça a le mérite d’être propre. On pose alors nos affaires dans la chambre et on part diner pour 8 boliviens chacun avant de rentrer se coucher à 21h30, fatigués par l’enchainement des trajets en bus.



21/01/2010
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