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Deuxième jour de Trek : la galère...

Jeudi 12  novembre 2009 : la galère jusqu’à Punta Union

 

On se lève tôt car on a rendez-vous avec Young à 7 heures pour commencer l’ascension de 1000 mètres jusqu’à Punta Union qui culmine à 4750 mètres. Nuno sort faire sa toilette dans la rivière et s’aperçoit que nous avons campé à une dizaine de mètres du campement de Paria qui est totalement vide. Il s’agit d’une grande surface plane qui ne contient pas d’autre installation qu’un petit abri sans toit où se trouvent les toilettes. ( 10 mètres avant d’y arriver, vous savez déjà que c’est les toilettes en raison des fortes odeurs qui s’en dégagent…)

Nuno lave dans la rivière les ustensiles et couverts du diner de la veille et récupère de l’eau dans la rivière pour préparer le café. Il commence à pleuvoir très fort nous sommes donc contraints de prendre le petit déjeuner dans la tente.

 

Attaqués par un taureau fou :

On entend des taureaux meugler, on sort notre tente et là grosse frayeur :  un taureau déchaîné plante ses cornes dans tout ce qu’il voit : rochers, tas de terre, arbustes…il commence à courir vers nous la tête vers le bas et les cornes en avant. Notre tente orange, seul point coloré de tout l’horizon, doit l’énerver. Il fonce vers nous. Un autre taureau s’interpose juste à temps pour nous défendre, et là commence une lutte fratricide. Tête contre tête ils se repoussent mutuellement. Le taureau fou cherche à planter notre héros, qui lui se contente d’esquiver ses attaques et de le faire reculer. Notre héros se défend bien, il gagne du terrain, et réussit à contrôler le taureau fou. Et là c’est le drame, sous la force du taureau fou notre héros chute, il roule à terre et reçoit plusieurs coups de cornes. Il hurle sous la douleur, peine à se relever et se retire, éscorté par ses compagnons, en meuglant aussi fort qu’un porc qui va se faire égorger lors de la « matança »… Nous sommes désormais à découvert et à la merci du taureau fou, on éteint notre caméra avec laquelle nous avons filmé toute la scène et on s’enferme dans notre tente, maigre rempart, avec le cœur qui bat à 1000 à l’heure ! Le taureau fou est là, à quelques mètres, et continue d’enfourcher des plantes et arbustes. On essaye de se rendre invisibles et silencieux…au bout de quelques minutes il se calmera, puis s’éloignera seul, à l’opposé du troupeau où s’est réfugié notre héros.

Après cette péripétie, il est temps de ranger nos affaires, toujours sous la pluie. On empaquette le tout complètement trempé…on enfile nos pantalons de pluie et nos ponchos et on attend Young. Il est maintenant plus de 8 heures 30, il ne viendra pas !

Young nous a plantés, certainement en raison du mauvais temps ! Il nous faudra donc supporter à nouveau nos boulets de sac avec deux fois trop de nourriture du coup  vu qu’on n’a pas d’ariero ! La journée s’annonce très difficile et sous une pluie qui redouble d’intensité. Alors qu’on commence à marcher, on croise un couple de jeunes français dans l’autre sens. Ils sont complètement trempés et marchent déjà depuis deux heures. Ils ont fait le trek dans le sens inverse et nous avertissent que dans notre sens on va bien galérer…la grimpette s’annonce corsée, surtout avec la roche mouillée. Ce sont les uniques treckeurs qu’on aura croisé de tout le parcours, nous sommes vraiment en basse saison !

 

Aujourd’hui on en bave énormément. Nos sacs nous clouent sur place, l’ascension est très très difficile, il fait très froid, le vent est de face et la pluie ne s’arrête que rarement. Exténués, on est contraint de faire de nombreuses pauses, jamais très longues car arrêtés ça pèle sévère. On ne croise personne pendant des kilomètres et on se demande si on ne s’est pas trompé de chemin à une intersection plus bas, malgré notre carte et la boussole-montre de Nuno. Finalement un ariero redescend de Punta Union avec ses mules, il nous confirme que nous sommes sur le bon chemin mais qu’il nous manque encore beaucoup avant Punta Union. Nous sollicitons ses services jusqu’à Punta Union, mais il refuse malgré notre offre alléchante de lui payer 2 jours pour une seule après-midi de travail. Il dit que ses bêtes sont fatiguées et qu’une seule mule ce n’est pas rentable...

Nous continuons donc seuls l’ascension, de plus en plus difficile. Plus on monte, plus c’est pentu et plus le temps se dégrade. Ça devient de l’escalade, et les pierres sont glissantes en raison de la pluie. On essuie des rafales de grêle, et des tempêtes de brouillard. On voit de moins en moins…On peine à avancer, on puise dans nos réserves pour donner tout ce qu’on a dans le ventre. Avec beaucoup de difficultés on arrive à Punta Union, au-dessus d’un énorme lac. On ne pourra pas profiter de la magnifique vue car un épais brouillard envahit l’atmosphère. On ne voit plus à 5 mètres devant. Il n’est pas encore 16 heures mais nous ne pouvons plus continuer, ce serait trop dangereux, on pourrait se perdre ou glisser... On a à peine le temps d’installer notre tente dans le seul endroit plat que l’on trouve, et d’enlever nos habits trempés, qu’une tempête de grêle éclate à nouveau, et cette nuit notre tente n’est pas protégée sous un arbre car il n’y a aucune végétation à cette hauteur.

 

On dîne, on essaye de faire sécher nos habits et de faire monter un peu la température à l’intérieure de la tente en laissant le réchaud allumé. Puis on se décide à l’éteindre pour pouvoir dormir sans mettre le feu à la tente. On s’endort tout habillés, blottis dans nos draps à l’intérieur de nos sacs de couchage, recouverts de nos couvertures polaires…Dehors le vent ne s’arrête pas de souffler, il fait un froid glacial. Normal à cette hauteur ! Nous comptions dormir plus bas après avoir passé le Pic de Punta Union mais le brouillard nous en a empêché.

La nuit sera longue…

 

 Vendredi 13 novembre 2009 : journée porte-bonheur ? ou malchance ?

 

A venir...



26/11/2009
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