les 7 nouvelles merveilles du monde

Missions Jésuites de Chiquitos

Dimanche 13 décembre 2009 :  départ vers les Missions Jésuites.

 

On se réveille à 5 heures pour préparer nos affaires qui restent à l’hôtel et ainsi pouvoir partir vers 6h40 en direction du marché los pozos d’où sort un combi vers les missions jésuites. On traverse le marché, encore peu animé en cette heure si matinale. Les premiers marchands commencent à peine à décharger leurs camions. Finalement il n’y a pas de bus à 7h.On achète donc des places pour le combi de 8h. Pour passer le temps, on fait un tour au marché qui entre temps s’est réveillé. C’est un marché animé, haut en couleurs et on y trouve de tout : des vêtements aux casseroles, en passant par les fruits, le poisson, et la viande. On essayera de nous vendre des poulets énormes fraîchement décapités. Nuno achètera plutôt un déodorant et des  tongs car les siennes sont cassées depuis notre visite à l’oasis de Huacashina au Pérou. Il a eu du mal à s’en séparer  même cassées, car il les avait achetées en juillet 2004 lors de nos vacances à Saint-Girons dans les landes, pendant l’euro 2004 de football qui a eu lieu au Portugal...un magnifique championnat où l’équipe nationale portugaise est arrivée jusqu’à la finale, avant d’être, comme lors du premier match de la compétition, battus par une incroyable équipe grecque qui paraissait protégée par les dieux. Défaite amer, mais de très bons souvenirs avec pour la première fois l’effervescence et le soutien inconditionnel de tout un peuple fier de ses couleurs derrière son équipe nationale. Toutes les maisons et toutes les voitures des lusitaniens affichaient ostensiblement le drapeau national. Et ces tongs étaient un souvenir de cette époque…

 

On retourne jusqu’au combi mais finalement il n’il y a pas de bus à 8h non plus. Le chauffeur n’est pas venu, selon la vendeuse il n’a pas envie de travailler aujourd’hui… incroyable, mais vrai. En fait, ici les combis sont des transports privés et les bus appartiennent directement au chauffeur, donc il travaille quand bon lui semble. Le prochain combi part seulement à 11h donc on repart se balader au centre-ville de Santa Cruz, et on en profite pour visiter la cathédrale qui était fermée la veille. On retire de l’argent car il n’y a pas de distributeur dans les villages reculés des missions jésuites. Puis on achète un canif au marché Los Pozos de Santa Cruz, vu qu’on nous a volé notre joli couteau suisse au Pérou lors du trek de Santa Cruz. Coïncidence ou signe du destin : ce que tu perderas au trek de santa cruz ( pérou), tu le rachèteras au marché de santa cruz ( bolivie) !

 

L’heure du départ arrivant, on retourne au « terminal » départ du minibus. Sur le chemin on passe devant un grand parking où se tient un meeting électoral de Johny Alcalde, candidat à la municipalité de Santa Cruz qui, avec son nom qui ressemble à un pseudonyme et son look sur les nombreuses affiches et propagandes parsemées dans les rues de la ville, ressemble plus à un chanteur de karaoké rock  qu’à un maire. Les membres de son équipe invitent tous les passants à assister au meeting en leur offrant une boisson et des petits gâteaux secs. Une recette qui fonctionne car le lieu est blindé de personnes, qui semblent plus intéressées par le petit encas qu’on vient de leur offrir que par l’arrivée en scène et le discours de l’artiste, heu du candidat maire.

 

Nous montons finalement dans notre bus, qui est presque aussi blindé que ceux en Inde :  le toit du véhicule ressemble à un deuxième étage, il est plein de valises, meubles, sacs et même une brouette…A l’intérieur, le bus est bondé : presque deux fois plus de passagers que de place. Sur notre droite, une famille a  seulement 3 places pour 6 personnes. Ici on en paye pas au nombre d e personnes, mais au nombre de places utilisées... Les enfants sont entassés ou restent debout. C'est assez triste et difficile à voir, car nous nous sommes les seuls du bus assis chacun sur son siège personnel. Carole, croyant bien faire, donne une feuille de notre journal pour qu’une petite fille puisse s’asseoir sur une marche des escaliers.  Du coup la contrôleuse du bus essaye aussitôt de se frayer un passage jusqu’à nous pour faire payer la petite fille puisque elle est finalement assise. C’est scandaleux car elle est assise par terre, et il faudra protester pour que la contrôleuse laisse la petite tranquille!

 

Pendant le trajet, on fait une pause à la station essence et un vendeur ambulant propose ses glaces aux passagers à travers les fenêtres du bus. La famille de 6 se partage une glace pour tous,  chacun leur tour ils prennent un petit bout de glace, et ont l’air heureux de savourer cet instant de partage. Dire qu’en Europe on voit des frères et sœurs pleurer ou même se battre dès leur plus jeune âge parce que la glace ou le jouet de l’autre est soit disant plus beau, plus grand ou meilleur…une éducation différente…

Les paysages que nous traversons nous rappellent tout d’abord le Chiapas au Mexique. Ensuite,  on passe par de grandes plaines avec des élevages bovins : on rencontre des vaches, taureaux, buffles et d’énormes haciendas qui appartiennent aux « terratenientes ». Les paysages nous rappellent finalement le dessin animé  le roi lion.

 

Les terratenientes sont en réalité de riches propriétaires terriens, qui ont pour la plupart un étrange point en commun : ce sont des sympathisants voire de grands amis de l’ancien dictateur bolivien. Après l’avoir aidé à arriver au pouvoir, leur fidèle ami leur a rendu la monnaie de la pièce en les gratifiant de quelques centaines d’hectares de terres expropriées qui appartenaient normalement à des tribus locales. Ces terratenientes auraient, selon ce que des locaux nous ont dit, continué de s’enrichir avec le trafic de la feuille de coca à des fins non médicinales… et l’exploitation des pauvres sous forme d’esclavage. Un préfet est actuellement en prison, il est accusé  de nombreux kidnapings et de l’assassinat de 13 campesinos (paysans) qui ont osé tenter de lui désobéir et de s’émanciper. On nous a commenté que même si le gouvernement de Morales tente de combattre ces pratiques, cette affreuse mentalité de terrateniente colon esclavagiste existe toujours dans l’Oriente. Vous vous en douterez, ces derniers sont des fervents opposants politiques, qui ne partagent pas les opinions du MAS sur l’égalité des peuples.

On passe par  la première mission jésuite San javier, mais on ne s’y arrête pas, on continue jusqu’à celle de Concepcion, un village style western. Le village est composé d’un quadrillage de rues parfaitement parallèles à chacun des côtés de la place centrale en forme de carré, et de maisons coloniales qui ressemblent à des décors de cinéma. On trouve un hôtel colonial pour 100 boliviens avec petit déjeuner, ce qui constitue pour nous un grand luxe ! L’hôtel est géré par une famille Montero, peut-être des parents. M. MONTERO nous dit qu’il a des ancêtres espagnols, pourquoi pas également portugais?

 

On se ballade un peu. Le village est calme et beaucoup de rues sont vides, il ne manque plus que la boule de paille qui vole et une pancarte de saloon qui grince avec le vent pour qu’on s’attende à voir John Wayne sortir d’un coin. Beaucoup de commerces sont  fermés car les villageois sortent d’une grosse fête de 4 jours pour le tricentenaire du village. Pour le diner, on achète des brochettes de viande et de cœur de poulet à un marchand ambulant puis on va à la messe : tout le village est là. La messe est plaisante car il y a une super chorale avec les jeunes du coin qui jouent flûte, guitare, violon…nous pousserons même la chansonnette avec eux.

 

On rentre à l hôtel : on découvre un petit lézard sur le mur de notre chambre. On essaye de le faire tomber avec  les sandales de nuno fraîchement achetées mais il se cache sur la poutre de sa couleur. Tel un caméléon il s’est dissimulé, et maintenant il a disparu…

 

 

Lundi 14 décembre 2009 : Visite des Missions Jésuites avec une famille bolivienne.

 

On se lève pour prendre notre Petit déjeuner présenté en buffet. Tout est fait maison, c’est succulent. Pendant le petit-déjeuner, la mamie MONTERO lit la bible aux petits enfants, et ensuite leur pose des questions sur ce qu’ils ont compris du passage lu, un peu comme on le faisait au catéchisme. Haa ces mercredi de catéchisme au Chêne de Mambré, animées par des mamans de certains d’entre nous.

 

On va au musée de la ville mais celui-ci est fermé. Une famille bolivienne en vacances souhaite aussi visiter le musée. Le père appelle le guide au téléphone, il est en jour de repos mais nous demande de le rappeler dans 10 minutes. Le monsieur rappelle donc le guide qui finalement accepte de nous ouvrir le musée, mais il faut naturellement rallonger 5 bolivianos en sus du tarif normal d’entrée. On accepte. Les explications sont intéressantes sur les sculptures et architecture de l’église, c’est le disciple de Jans ( on se rappelle plus le nom, désolé)….le fameux architecte suisse venu étudier les églises jésuites de Bolivie pour une quinzaine de jours, et qui y est finalement resté jusqu’à la fin de sa vie, qu’il a dédié à la restauration des églises jésuites de la région de Chiquitos. Le guide nous montre une sculpture que les élèves de Jans lui ont préparé en cadeau  lors d’un anniversaire. Un détail saute aux yeux de Nuno : la sculpture est très ressemblante au personnage, mais sur une des mains il y a 6 doigts. Erreur ou code caché ? Nuno ose poser la question, le guide rigole et explique qu’il s’agit en effet d’une erreur, car la sculpture a été terminée tard dans la nuit par les élèves fatigués, à la cachette du professeur. Ce dernier a d’ailleurs fait de suite la même réflexion que Nuno au lieu de féliciter les élèves de leur travail. On observe ensuite d’anciens tableaux et sculptures originales de l’époque Jésuite, et qui ont été retrouvées lors des fouilles.

 

Après la visite du musée, la famille nous propose de venir avec eux en voiture jusqu’aux ateliers de menuiserie. L’école de menuiserie de Chiquitos reste mondialement connue pour son style et sa qualité de travail. Ils acceptent rarement des commandes de particuliers, et travaillent surtout pour des collectivités et des églises.  La famille qui nous conduit habite près de Santa Cruz et ils peuvent nous déposer proche de Santa Cruz ce soir. Il nous restera plus qu’à prendre un bus de leur ville jusqu’à Sta Cruz.

On visite alors avec la famille les alentours à bord  d’un 4x4 Mitsubishi Montero. On s’arrête à un atelier de menuiserie. On veut aller à l’ « orquideario » mais celui-ci est fermé, dommage il avait l’air bien plus riche que le Lecoufle de la rue de Paris à BOISSY SAINT LEGER, pourtant capitale de l’orchidée. On se dirige donc vers  la lagune. Des gens y font un pique-nique, d’autres s’y lavent, pendant que les plus jeunes jouent dans l’eau! Dommage nous on n’a pas le temps de se baigner, ça ferait pourtant du bien car il fait très chaud. Nuno est content car on voit plein de jolis papillons, dont il ne manquera pas de demander le nom à Jérémy.

On retourne au centre de concepcion pour déjeuner au restaurant « el buen gusto ». C'est très bon : soupe à la banane, crudités en buffet, plat à base de steack grillé, bon riz et banane flambée. On goute un jus de petits fruits qui ressemblent à des nèfles. Et tout ça pour 5,50 euros pour 2 !

Pendant le déjeuner on fait un peu connaissance avec la famille : Javier et Cristina, les parents, ont monté une ONG, ils viennent de déménager sur Santa Cruz, Estefeny est en faculté de médecine à Cochabamba et est actuellement en vacances de noël, puis finalement Sofia la plus jeune est écolière. Elle est malade, on n’a pas osé demander de quoi, et elle nécessite un médicament qui doit absolument rester au frais donc la famille ne peut jamais aller trop loin en vacances.

 

Après s’être régalés on quitte le restaurant en direction de San Javier, toujours à bord du 4x4 de la famille. L’Eglise de San Javier semble fermée, la famille y était déjà passée hier. On leur a précisé que c’était fermé car c’était dimanche et de revenir aujourd’hui  à partir de 15 heures. On attend dans un café puis nous allons quand même à l’office de tourisme qui nous informe que l’église n’ouvre pas aujourd’hui car c’est lundi, ils disent ça tous les jours ?

En fait on se rend compte que l’église est en travaux, alors pourquoi ils ne disent tout simplement pas ça aux touristes au lieu de leur dire que c’est fermé aujourd’hui ?? Finalement, grâce à Javier qui a discuté avec un des ouvriers, on pourra rentrer par le côté de l’église, en se faufilant entre les travailleurs qui la rénovent, et sont en train de préparer la crèche.

 

On rentre ensuite en direction de Santa Cruz. Soudain la voiture commence à fuire de l’eau, qui coule de plus en plus abondate sur les pieds de Cristina. Il doit s’agir certainement d’un problème de climatisation. On fait une pause dans un marché au bord de la route pour acheter un ananas pour 5 bolivianos ( 50 centimes d’euros). Puis la famille nous dépose finalement à Cotoca, non loin de Santa Cruz, où il y a une fête de village. On traverse les différentes animations autour de la place : stands de musiques, clowns, stands de tir, et même une messe en plein air. On achète des mini hamburguers à un vendeur ambulant puis on se dirige vers les bus, mais en région de la fête du village les minibus habituels ne font pas la liaison avec santa cruz aujourd’hui, et les seuls taxis qui daignent travailler ce jour (ils refusent tous de prendre les gens en direction de santa cruz, va savoir pourquoi)  en profitent pour tripler leurs prix : 20 par personne au lieu de 5 ou 6 !!il il y a toujours dans ce monde, de bonnes âmes pour profiter de la situation des gens…

 

Il commence à faire nuit, une jeune femme avec ses 4 enfants a entendu qu’il y a des minibus à l’entrée de la ville, on la suit tous. Au bout de 20 minutes de marche, on arrive en effet à un endroit où il y a des minibus, mais ils sont tous arrêtés et fermés. Un chauffeur propose d’emmener tout le monde pour 15 bolivianos chacun, alors que prix normal est de 4 en bus, les gens descendent car c’est top cher. Nuno aperçoit un bus dans l’autre sens il court avec d’autres locaux pour l’arrêter : la chance il va à santacruz, tout le monde se jette dedans, carole arrive à entrer in extremis et on est tous entassés comme des sardines. Il fait chaud, les gens sont gluands et on sent que la dernière douche remonte à plusieurs jours voire semaines pour certains.

Le chauffeur passe par des petits chemins en terre au milieu de nulle part pour éviter des contrôles de police, on traverse boue et plusieurs rivières, c’est long et il fait chaud,  très chaud. Il veut nous laisser super loin de la ville dans un endroit qui inspire peu confiance, même les locaux refusent de descendre tellement cet endroit est dangereux. On devra gueuler à deux reprises pour qu’il nous approche de la ville et même comme ça il accepte de nous rapprocher mais nous laissera encore bien loin du centre.

 

On commence à marcher, il fait nuit totale, les gens nous indiquent des directions contraires et nous disent que c’est super loin, ouf un minibus arrive en direction du mercado los pozos d’où on est partis hier, à 15 minutes à pied de l’hôtel : on est sauvés ! Arrivés à l hôtel on a une étonnante surprise, nos sacs se trouvent exactement où nous les avions laissés la veille : au milieu du hall d’entrée à la merci de quiconque, alors que le réceptionniste nous avait dit qu’il allait les garder à l’intérieur d’un local sur et fermé. Enfin bon, plus de peur que de mal, tout y est, on ne nous a rien volé et on n'y a rien mis non plus…c est ce qui compte.

Nous passons une nouvelle nuit dans cet hôtel glauque.



24/02/2010
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