les 7 nouvelles merveilles du monde

Tulum, suite et fin avec l incroyable aventure de Ramon

Mercredi 4 novembre 2009 : journée pluie

Il a plu toute la nuit et ce matin il continue de pleuvoir, ce qui nous permet d’avancer un peu notre carnet de voyage.

Ebélio, le cuisinier du Tribal Village, où nous avions dormi la première nuit dans le hamac, vient rendre visite à Ramon, le réceptionniste du Mayan Hostel où nous sommes. Ce sont des hôtels appartenant au même gérant Orlando, apparemment un jeune homme la trentaine, qui est l’un des hommes d’affaires les plus riches de la région. Il possède de nombreux hôtels dont le plus luxueux de Cancun, de nombreuses voitures de luxe et une petite-amie réplique de Jennifer Lopez toujours avec ses grosses lunettes noires même sous la pluie, qui parle aux employés de l’hôtel et aux clients d’un ton hautain et méprisant. Comment a-t-il fait fortune vous demandez-vous ? Bah nous apprendrons qu’il n’a rien fait d’autre que reprendre les affaires de son père, veinard… « Est-ce que les gens naissent égaux, en droit, à l’endroit où ils naissent… »

Bizarrement après la visite d’Ebelio tout le personnel du Mayan Hostel se met au travail ( alors que d’habitude ils passent leur temps assis à papoter…), ils sont au petit soin et le gérant arrive quelques minutes plus tard comme par hasard.

 

A 13h30 ça s’éclaircit, on prépare notre pique-nique et on part à la plage. On trouve encore une fois un couple aimable nous prenant en stop pour nous déposer à la plage. Il s’agit d’un couple d’américains du Colorado venant  3 à 4 fois par an dans le Yucatan. Le couple nous dépose à une plage se trouvant à plus de 10 km de notre hôtel. Les deux américains partent boire des mojitos (les américains qu’on a croisés dans la région adorent picoler, et nous passons pour des extra terrestres à chaque fois que nous disons que nous ne buvons pas d’alcool) tandis que nous partons directement nous baigner. Peu de temps après avoir pique-niquer, le  ciel devient gris et des tonnerres éclatent. Il est grand temps de partir. Et Brooooummm l’orage explose, il se met à nouveau à pleuvoir des cordes. Prévoyants, nous avions un parapluie.

Jusque là, nous n’avions pas eu de difficulté à trouver du stop mais sous la pluie les hommes sont beaucoup moins charitables, forcément on est trempés jusqu’aux pieds on va salir leur voiture ! Mais un Australien habitant maintenant dans le Colorado aura pitié de nous, il nous prend en stop dans son gros Hummer très luxueux et tout confort. Il nous raconte que son fils est également en voyage à travers l’Amérique du Sud, pendant un an lui, avant de commencer l’université.  C’est très courant aux Etats-Unis selon lui. Sa fille fera de même l’an prochain. Il nous dépose à la moitié du chemin. Il ne peut pas faire de détour pour nous déposer à l’hôtel car il est déjà en retard pour une cérémonie de mariage. Nous le remercions tout de même chaleureusement. Nous faisons  alors de nouveau du stop. Après quelques tentatives infructueuses, un mexicain travaillant dans la construction s’arrête et nous dépose devant l’hôtel avec son pick-up de chantier.

A notre retour, l’équipe des boss ( le jeune gérant, son père, l’architecte, et d’autres types dont on ne comprendra pas très bien la fonction) est en pleine réunion. Ils examinent chaque moindre recoin de l’hôtel pour effectuer des travaux et envisager un futur projet.

« Qui vole un œuf, vole un bœuf ! »

Carole va préparer le diner et se rend compte qu’il manque un œuf, une tomate et du yaourt dans le pot d’un kilo. Nous sommes choqués. On ne pensait pas que quelqu’un oserait voler de la nourriture alors que le tout est scellé dans différents sacs plastiques avec notre nom et le numéro de la chambre… Nous ne dirons rien pour si peu… Nous soupçonnons quand même la voyageuse argentine qui est la seule autre cliente actuelle de l’hôtel  jusqu’à présent. On ne voit pas les employés voler un seul œuf alors qu’ils sont trois et sont inséparables. De plus les employés sont directement nourris par des plateaux repas qui arrivent tous préparés d’un autre hôtel… Bref, elle devait certainement avoir très faim, nous ne lui en tiendrons pas rigueur. Il suffisait de demander, on lui aurait donné à manger. En plus avec le temps pourri qu’il y a eu aujourd’hui, il était difficile de sortir pour faire des courses.

On continue notre carnet de voyage.

 

Jeudi 5 novembre 2009  L’incroyable histoire de Ramon : en quête de « l’American Dream » !

Il pleut toujours. Nous n’irons finalement pas à Isla Mujeres, petite île près de Cancun. Nous décidons donc de rester une nuit supplémentaire à Tulum dans le même hostal. Nous ne sortons pas de la journée mais en profitons pour mettre à jour le blog, ce qui nous permet de rattraper notre retard. Notre carnet de voyage est enfin à jour.

Pendant que Carole est en cuisine, Ramon racontera à Nuno ses péripéties aux Etats-Unis. Il est parti avec d’autres mexicains clandestinement là-bas pour travailler. Il avouera que la traversée clandestine est très courante, et qu’il est facile de trouver des passeurs (eux-mêmes mexicains, travaillant pour des américains !). La traversée dure plusieurs jours et s’effectue par le désert. Il a payé 2000 dollars pour la traversée, une somme astronomique pour un mexicain ! Il faut payer une partie avant la traversée, et l’autre après. Tant que vous n’avez pas payé la totalité, les passeurs vous gardent séquestrés dans leur appartement.   Sur place, il était chauffeur et gagnait bien sa vie. Il louait un appartement avec d’autres mexicains.

Mais au bout de quelques mois le patron, qui les a fait venir du Mexique, ne les payait pas donc ils ont commencé à rouspéter. Afin de ne pas les payer, il a appelé la police pour les dénoncer, alors que c’est lui qui les a fait venir !!! Ils ont fuit, se sont cachés mais le patron lui-même a indiqué leur cachette à la police. Ramon a été arrêté et est resté trois mois en prison dans des conditions très difficiles : un verre d’eau et un petit paquet de biscuits secs par jour. On ne l’a pas renvoyé plus tôt au Mexique car les Etats-Unis ne font repartir les clandestins dans leurs pays que lorsque l’avion est rempli. Capturé dans les premiers, il aura donc du attendre que 300 autres se fassent attraper.

Bref, aujourd’hui il rigole de cette aventure et conclura en disant qu’au moins il aura eu un tour gratuit en avion ! Il veut tout de même y repartir dès que possible, mais n’a plus l’argent pour payer les passeurs…

Après le diner, Nuno copie la musique qui passe en boucle à la réception de l’hôtel afin de garder un souvenir de l’incroyable Ramon !!



21/11/2009
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