les 7 nouvelles merveilles du monde

Voyage interminable vers Cusco et l histoire de Jaro

Lundi 16 novembre 2009 : journée dans le bus.

On arrive sur lima vers 10 h du matin et on se dirige avec Jaro vers le terminal des bus qui vont jusqu’à Cusco. On marche dans les rues de Lima, qui est une ville dégradée et qui n’inspire pas confiance. On hésite entre y rester quelques jours et partir direct sur Cusco. Même Haydee, la jeune femme de Lima avec qui Carole a sympathisé, nous a dit que Lima est une ville très dangereuse. Elle, qui habite Lima depuis petite et y détient plusieurs boutiques de vêtements, a même été séquestrée pendant plusieurs jours afin que sa famille paye une rançon à ses ravisseurs. Bonne ambiance ! Haydee propose de nous héberger chez elle et de nous faire visiter la ville pour éviter qu’on se ballade seuls dans Lima et qu’on passe sans le savoir dans les quartiers à haut risque. C’est une sympathique proposition, on hésite à accepter son hospitalité et son escorte. Toutefois, le petit tour de la ville de Lima que nous avons fait en bus avant d’arriver au Terminal, ne nous a pas rendu fous amoureux de cette ville. Au contraire, personnellement on ne s’y sent pas très bien ; puis on se rappelle la devise du professeur rencontré à Pastoruri : « en Peru,  no confies a nadie ».  C’est triste d’en devenir aussi méfiant, Haydee avait l’air super sympa, peut-être trop justement… Du coup, à cause de la parano instaurée par l’insécurité quotidienne de Lima et par notre méfiance suscitée par notre mésaventure avec Wilder, nous sommes peut-être passés à côté de bons moments de partage et de découverte du quotidien d’une jeune femme de Lima. Ou alors, si nous suivons l’avis du sage professeur, nous avons peut-être éviter le pire.

On refuse donc cette gentille invitation de Haydee et on décide de partir direct avec Jaro sur Cusco. On achète nos billets avec la compagnie Cial, qui propose un trajet direct Lima-Cusco en 18 heures, pour un prix négocié a 85 soles par personne, avec diner et petit-déjeuner inclus ! La grande classe !

Il nous reste 1 heure 30 avant le départ, on se dirige donc vers un distributeur pour retirer de l’argent. On observe plein de jeunes femmes qui se trimballent dans la rue avec des liasses énormes de billets. Ce sont des agents de change qui proposent en pleine rue aux touristes piétons ou en taxis, de changer leurs dollars en soles ou vice versa. De prime abord, on pourrait croire qu’il s’agit de faux billets vu les importantes liasses qu’elles se trimballent. Mais non, c’est une pratique légale et courante ici, vous pouvez donc troquer votre argent en toute sécurité avec une de ces jeunes femmes, qui de surcroit proposent un taux bien plus intéressant que celui des traditionnels comptoirs de change. Elles sont reconnaissables avec leur gilet sans manche aux poches remplies de billets. C’est assez marrant à voir en plein milieu de cette ville que tout le monde décrit comme une des plus dangereuses au monde. Mais pour éviter la tentation des plus malhonnêtes, il y a au moins trois gardes en civil dans la rue pour chaque femme agent de change ! 

On déjeune dans un petit restaurant où le menu du jour est à 5 soles par personne, le double du prix des petites villes. Normal c’est la capitale ! On  s’achète quelques vivres pour le voyage puis on embarque à bord de notre luxueux bus Cial qui partira avec plus de 3 heures de retard, en raison d’une soi-disant maintenance technique imprévue, due à un contrôle du Ministère des Transports. Ha bah ça nous rassure, s’ils nous laissent repartir c’est que le bus sera en parfait état !

 Le trajet devait être direct, mais comme d’habitude nous faisons plusieurs pauses : le bus récupère des passagers à Ica, Nazca puis passe finalement par Arequipa et Puno, tout au sud du Pérou, avant de remonter enfin sur Cusco.  Au lieu des 18 heures annoncées, nous passerons plus de 30 heures dans le bus, encore une fois sans explication jusqu’à ce que les touristes commencent à gueuler. Il y a un petit manque de communication par ici. On nous informe finalement qu’il y  une grève sur Abancay, et que la route directe entre Lima et Puno est bloquée. Etant donné qu’au Pérou les routes sont rares, on a du contourner tout le pays pour remonter sur Cusco. Ce trajet n’en finissait plus, certains ont même demandé à descendre pour finir en taxi pour éviter de perdre leur avion sur Cusco. Au début on relativise : une grève ce n’est pas leur faute, et puis pour le même prix on aura eu le droit à une visite panoramique de toute la côte péruvienne…

 

Mardi 17 novembre 2009 : arrivée sur Cusco après 48 heures de voyage depuis Huaraz !

L’incroyable histoire de Jaro

Pendant le long trajet en bus, Jaro nous raconte ses mésaventures au Mexique. Etant reporter photographe, il était au Mexique durant le début de la grippe « mexicaine » ensuite appelée grippe A ou H1N1, pour éviter de faire peur aux touristes…Jaro nous apprend que les médias ont fortement diminué les chiffres et statistiques pour éviter de porter trop préjudice à l’économie du pays, qui a été paralysé pendant de longues semaines par cette grippe. Il a parcouru les hôpitaux en anonyme et interviewé plusieurs médecins qui lui ont confessé que les chiffres étaient beaucoup plus alarmants que ceux diffusés sans les journaux ou à la télévision. Intrigué par cette affaire, Jaro s’est rendu dans un hôpital pour photographier le nombre hallucinant de personnes en quarantaine confinées dans des bâtiments entiers réservés à cet effet.

Malheureusement un garde a vu Jaro prendre des photos, ce qui est prohibé dans des cellules de quarantaine d’un hôpital. Le prenant pour un espion, il a été immédiatement emmené dans une cellule de prison de Mexico. Et là il y a vécu un cauchemar : dans une cellule de 12 mètres carrés il y avait 9 détenus, que des hommes et tous nus, entassés dans 3 rangées de 3 lits superposés. Les toilettes n’étaient rien d’autre qu’un vulgaire trou au milieu de cette petite pièce lugubre. On y fait ses besoins devant les autres détenus, ce qui vous laisse imaginer l’ambiance et les odeurs nauséabondes qui habitent la cellule. Jaro y a passé les pires 3 jours de sa vie. Ils avaient le droit à un repas par jour, mais il n’y a pas touché, écœuré par les scènes auxquelles il assistait : deux des détenus s’adonnaient fréquemment à des parties sexuelles dégoutantes pendant que les autres admiraient le spectacle en se masturbant. Stressé et apeuré Jaro a commencé à fumer dans cette cellule. Heureusement pour lui, étant étranger et n’étant pas encore jugé, il a bénéficié d’une protection rapprochée. Un autre détenu au physique de Stallone, payé pour assumer la mission de garde, l’a accompagné et protégé durant les 3 jours en cellule. Sans ça, son postérieur aurait passé de mauvais moments…

Heureusement la corruption existe !

Finalement, l’entreprise de Jaro a payé une somme astronomique pour le faire sortir de là en soudoyant les policiers mexicains. Résultat des courses il s’en est sorti indemne, du moins physiquement, et sans aucune trace sur son casier judiciaire. On lui a rendu ses papiers, sa caméra et on ne lui a même pas supprimés ses photos interdites ! Jaro n’a jamais raconté cette histoire à ses proches, et reste encore profondément marqué par cette mésaventure même s’il essaye aujourd’hui d’en rigoler. Le point négatif c’est que depuis il fume énormément alors qu’il n’avait jamais touché à une cigarette auparavant !

Enfin arrivés sur Cusco :

Quand on arrive à Cusco, vers 21 heures,  on apprend que la grève qui bloque la route à Abancay était effective depuis plusieurs jours, et que quand ils nous ont vendu les billets ils savaient pertinemment que la route directe était inaccessible, sauf qu’ils se gardent bien de le dire au passager pour pouvoir leur vendre un supposé trajet-direct au prix fort ! C’est malhonnête et beaucoup de personnes s’énervent car on les attendait à Cusco depuis le début de matinée alors que nous sommes arrivés le soir. Bref, encore une fois les réclamations ne servent à rien.

Dans le terminal de Cusco, une femme nous propose son hostal à un prix intéressant. On s’y rend donc en taxi avec Jaro et la dame, pour vérifier l’état des chambres. Il s’agit de l’hostal « backpacker house » à 2 cuadras de la Plaza de Armas de Cusco. L’hostal est bien placé, la propreté n’est pas vraiment au rendez-vous mais ce n’est pas pire qu’ailleurs. On le petit-déjeuner inclus e et une heure d’internet gratuite par personne dans le cybercafé du coin. On négocie donc la chambre à 10 soles par personne, ce qui est un exploit dans cette ville ultra touristique.

On se couche rapidement pour récupérer de ces deux jours fort épuisants.



02/12/2009
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